La crise économique dans laquelle nous a plongés l'affaire des "subprimes" ne semble pas près de se résorber en raison de la panne du crédit qu'elle a provoquée. Les plans de relance ont atteint leurs limites avec le gonflement insupportable des dettes nationales et les tentatives visant à renforcer le contrôle du système monétaire sont voués à l'échec parce que trop d'intérêts sont en jeu et que les hommes politiques, pour la pliupart manquent du courage élémentaire pour l'imposer.
Comme tout le monde le pressent, la cause profonde du mal qui nous envahit est d'ordre monétaire, précipité par la crise bancaire. Mais, ce que l'on ignore, c'est que la monnaie émise ne circule pas du tout comme on le croit et fait cruellement défaut dans la sphère réelle de production, tandis que la sphère monétaire et financière en regorge.
Fruit des travaux de recherche de l'auteur, il existe une loi macroéconomique qui commande l'allure de marche de toute activité nationale. Elle démontre de manière précise que l'épargne ralentit l'allure de marche de l'activité de production, tandis que le crédit l'accélère. Elle devrait bouleverser les grands équilibres et ouvrir une nouvelle ère d'essor économique durable et de prospérité humaine.
Le système actuel nous mène lentement mais sûrement à notre perte, avec une accélération due à la crise, car il repose pour fonctionner sur une progression constante du recours au crédit, d'abord pour neutraliser les effets négatifs de l'épargne bancaire, qui est une épargne morte, ensuite pour rembourser les emprunts antérieurs. Le reflux de l'endettement conduit à terme à la suppression (par destruction) de la monnaie scripturale bancaire, la seule ayant cours chez les agents non bancaires. Il y a là un grave danger d'effondrement lent et fatal du système par manque de monnaie, accru par l'arrêt de l'endettement public, d'autant plus grave que les prêts accordés par les établissements financiers ou de crédit sont assis sur la monnaie scripturale bancaire.
Si l'on veut sortir de cette impasse, il est vital d'émettre de la monnaie dite permanente, c'est-à-dire sans intérêt, ni échéance de remboursement. Si l'on veut diriger l'allure de marche de l'activité nationale vers la croissance et l'amélioration du pouvoir d'achat, la régulation monétaire est l'unique moyen d'y parvenir et seul l'Etat est capable d'en assumer la fonction.
Voici à présent, tout d'abord résumées et ensuite détaillées, les solutions politiques et techniques d'urgence absolue que je préconise :
et en même temps, les solutions techniques de 2ème urgence et d'ordre public :
La gouvernance d’un pays ne doit plus être affaire de fiscalité, mais d'abord de finance et de monnaie.
1 – Libération de la monnaie et attribution du pouvoir monétaire au peuple
La première démarche qui sous-tend toutes les autres est de crever l’abcès monétaire. Le moment est venu de libérer la monnaie de ses dogmes, de ses tabous et de ses carcans. Le moment est venu de rendre le pouvoir monétaire au peuple, c'est-à-dire à ses élus. La monnaie peut et doit être le moyen démocratique d'accès au bien-être pour tous.
Cela signifie clairement qu'en Europe les accords de Maastricht, exclusivement bâtis sur le spectre de l'inflation, doivent être purement et simplement dénoncés et que dans tous les pays la Banque Centrale doit être replacée sous la dépendance de l’Etat qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Les banques centrales viennent de nous administrer la preuve de leur incapacité à maîtriser le système qu'elles ont elles-mêmes construit. Elles ont gravement failli à leur mission et manqué à leurs responsabilités.
Cette mesure est en outre destinée à mettre un terme définitif aux agissements des puissances monétaires qui nous gouvernent, lesquelles pour masquer leur incompétence ont réussi à inoculer dans le corps économique tout entier la maladie du syndrome de l'inflation. Il est urgent de soigner et de guérir ce syndrome ; il a fait assez de ravages dans le monde entier.
Dès lors, L'Etat prend en charge la politique monétaire du pays, avec tout ce que cela comporte, et notamment en matière de maîtrise de l'inflation monétaire et de la hausse des prix.
2 – Relance de l'économie nationale
C'est la deuxième démarche. A mon avis, les besoins les plus immédiats pour faire repartir l’économie française peuvent être estimés (à la louche) entre 200 et 500 milliards d’euros, graduellement cela va de soi sur 1 an ou 2.
Il appartient à chaque pays de fixer les sommes considérables dont il a besoin. Non pas au moyen de nouveaux emprunts, car il faut en finir avec la cavalerie des emprunts d’Etat, mais à l’aide de concours à l’économie mis à la disposition du gouvernement par la Banque Centrale sur décision de l'Assemblée Nationale. Sur la base d’un plan de redressement dûment motivé, bien sûr.
Ces concours à l’économie seraient accordés sans intérêt ni échéance de remboursement. Cela s’appelle de la monnaie permanente, par opposition à la monnaie d’endettement. Les avantages d’une telle mesure tombent sous le sens : terminés les intérêts d'emprunts d'Etat qui n'en finissent pas de grever le budget de la Nation et le portefeuille des contribuables.
a) cible de la relance
La relance keynésienne s'opère ordinairement en injectant des fonds dans de grands travaux. Cette mesure me semble non seulement lente, mais aussi inappropriée. Il faut donner en priorité du pouvoir d'achat aux petits revenus pour relancer la machine.
Voici ce que l'on peut entreprendre de toute urgence, pour sauver l'économie nationale. Et, j'invite tous les pays à faire de même en adaptant les mesures au cas par cas :
b) maîtrise de l'inflation
Il est bien évident qu’avec la relance les risques d’inflation des prix augmentent et des mesures devront être prises pour les limiter (engagement par les entreprises de modération des prix, par exemple) avec pour ultime recours le blocage général ou partiel des prix.
Je le dis et le répète : ce sont ceux qui fixent les prix, qui les augmentent pour en tirer profit, c'est-à-dire pour améliorer leur pouvoir d'achat au détriment de la classe laborieuse qui n'en peut mais. La quantité de monnaie n'est pas la cause des hausses de prix, excepté en période de pénurie généralisée quand les moyens de production sont incapables de satisfaire une demande dotée de moyens financiers trop conséquents.
Si par le passé, les expériences faites dans le domaine de la relance ont pour la plupart échoué, c’est que le blocage des prix s’est toujours accompagné de sévères restrictions monétaires, tellement persuadés que nous étions de la trop grande quantité de monnaie en circulation (ce qui est faux).
Ici, la différence est capitale qui privilégie l’abondance monétaire à destination exclusive de la sphère réelle.
c) organisation des échanges internationaux
La relance doit être impérativement accompagnée d’une maîtrise parfaite des échanges extérieurs, car on ne saurait tolérer que le pouvoir d’achat ainsi avancé, file à l’étranger.
Tous les pays étant logés à la même enseigne, les solutions qui suivent me paraissent s'imposer à tous. Je tiens à rappeler qu'en matière d'échanges internationaux, il existe une règle fondamentale :
Quand il y a un exportateur dans un pays, il y a un importateur dans un autre pays, et comme la valeur de l'échange est la même pour les deux parties, on peut avancer qu'à l'échelle de la planète, les exportations sont égales par définition aux importations.
Ce qui signifie qu'il n'existe d'autre croissance qu'intérieure. La croissance d’un pays repose donc essentiellement sur son activité domestique : consommation et investissement. Cette règle est universelle. Elle est la même pour tous les pays.
Il est vain de croire que tout le monde peut exporter sans limite, ce qui n’empêche pas les gouvernements de tous les pays d’encourager leurs entreprises à exporter. Et celles-ci de se précipiter à l’assaut de parts de marché à l’étranger, non sans succès, il faut bien le dire. Mais il apparaît de plus en plus clairement que les multinationales font leurs profits sur le dos des populations nationales, dans un environnement de guerre économicide.
Si l'on veut mettre un terme au chômage et à la misère humaine, chaque pays doit se consacrer au développement de son économie nationale, pas à celle de ses voisins, et enfin priorité des priorités donner du travail à ses salariés. Chaque pays dispose avec sa monnaie des moyens amplement suffisants pour développer sa propre économie.
Deux alternatives s’offrent à chacun de nous : les pays avec lesquels nous pratiquons des échanges (qui ont intérêt eux aussi à développer leurs activités domestiques, comme nous le ferions),
- acceptent de passer des accords bi ou multilatéraux afin que l’équilibre des échanges commerciaux entre pays soit garanti, éventuellement sous l’égide d’un organisme tel que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), tout indiqué pour cela,
- n’acceptent pas (ce qui paraît bien improbable) et des quotas leur sont fixés d'autorité.
Des échanges équilibrés, cela signifie aussi et surtout le retour à l'indépendance financière vis-à-vis de l'extérieur. Aucun pays n'a besoin de concours étrangers, excepté s'il a une balance commerciale déficitaire. Et, si tout le monde s'accorde sur ces dispositions, il n'y a plus de balance commerciale déficitaire ! et son cortège de problèmes spécifiques.
Il existe toutefois une exception de taille à ces dispositions : ce sont les produits pétroliers et ils doivent faire l'objet d'un traitement particulier, vital pour l'économie de chaque pays. Aussi, est-il vivement conseillé que tous les pays importateurs subventionnent et financent sans aucune limite : la recherche, la mise au point et la production de nouvelles énergies, en contrôlant naturellement l'utilisation des fonds alloués.
Tous les moyens humains et financiers doivent être employés pour se libérer de la dépendance pétrolière.
1 - Système monétaire national
Pour être complètement efficaces, les dispositions énoncées au-dessus doivent s'accompagner en priorité d'une profonde réforme du système monétaire national tout en réservant une place privilégiée à la distribution du crédit par les banques. Des réformes techniques concernant les relations interbancaires viendraient compléter ce dispositif comme il est dit au §2 ci-dessous.
On peut tout d'abord répartir la distribution des concours à l'économie selon les règles suivantes :
- la banque centrale fournit exclusivement les besoins de l'Etat ainsi que les moyens dont celui-ci doit disposer pour opérer la régulation monétaire de l'économie, sans intérêt ni échéance de remboursement comme il est dit plus haut,
- les banques de dépôts, créatrices de monnaie, fournissent les besoins financiers des entreprises privées et des établissements de crédit non créateurs de monnaie, les risques d'insolvabilité étant couverts dans des conditions examinées au-dessous.
L'Etat doit commencer par réviser la réglementation bancaire en donnant la priorité à la réforme du ratio de solvabilité des banques et autres établissements de crédit, appelé aussi ratio Cooke (USA) qui est à mon sens à l'origine des défaillances du système.
Les paramètres de ce ratio, doivent être profondément remaniés. Les concours à l'économie doivent être éliminés de ces paramètres, pour ne viser que les seules opérations pour propre compte. Et les engagements des banques, y compris et surtout des banques d'affaires, ne doivent plus excéder que 2 à 3 fois maximum leurs fonds propres, contre aujourd'hui 12,5 fois, tout mélangé ! On pourrait dire que la réglementation a été faite à la mesure de leurs activités débordantes !
Les concours à l'économie sont encadrés par la couverture du risque d'insolvabilité, à partager entre la Banque Centrale d'une part, et les banques et autres établissements de crédit d'autre part, dans le rapport de 90/10 par exemple, les obligeant ainsi toutes et tous à prendre leurs responsabilités, contre rémunération naturellement. Etant précisé que la Banque Centrale donne son accord préalable à l'attribution des crédits, puisque c'est elle qui prend la plus grande part des risques.
Sauf erreur de ma part, elle dispose déjà des informations les plus courantes, sûrement en ce qui concerne les établissements de crédit et les entreprises. La couverture du risque d'insolvabilité peut s'opérer individuellement en ce qui concerne les établissements de crédit et les grandes entreprises et par une évaluation globale des risques pour les autres comme le font toutes les compagnies d'assurances.
Le gouvernement, en charge de la politique monétaire, détermine provisoirement un taux d'intérêt fixe pour une période de 6 mois minimum, par exemple. Dans le même temps, les banques et établissements de crédit font payer leurs services, tous leurs services, ceci afin de préparer la réforme monétaire et la disparition progressive des taux d'intérêt.
Afin de faciliter le recours au crédit, je propose que l'intérêt des prêts et emprunts soit supprimé et remplacé par l'indexation à un indice approprié : celui de l'érosion monétaire, indice calculé par un institut de statistiques indépendant. En définitive, l'emprunteur a à sa charge le coût de la couverture du risque d'insolvabilité, d'une part, et la rémunération effective des services rendus (gestion des dossiers et autres), d'autre part, au bénéfice de l'établissement prêteur. L'avantage d'un tel système réside dans le fait que l'emprunteur est autorisé à suspendre, à faible coût, les échéances de remboursement en cas de difficultés passagères.
Les ménages trouvent là le moyen démocratique d'accession à la propriété, avec éventuellement l'aide de l'Etat dans certaines circonstances. Celui-ci peut en effet piloter ou faire piloter de vastes programmes de logements, en procédant par exemple à des expropriations de vastes terrains en zone périphérique de grandes villes ou ailleurs, afin de donner en location par bail emphytéotique les terrains une fois construits. Tous les terrains constructibles sur le territoire national devraient appartenir à l'Etat au terme d'un très lent processus de ré-appropriation.
Ces conditions devraient favoriser ainsi l'accès au logement pour tous.
N'ayant plus matière à s'exercer, la spéculation sur les variations de taux d'intérêt disparaît. Pas de taux d'intérêt variables = pas de spéculation.
2 – Relations interbancaires
Les recommandations d'ordre technique qui suivent, s'appliquent à chaque banque centrale nationale dans l'exercice de ses responsabilités, pleines et entières, du système bancaire.
La première mesure consiste à obliger la banque centrale à exercer son rôle de super-banque à la sortie de la compensation et de ne plus se borner à servir de simple chambre d'enregistrement comptable des opérations. Elle doit se substituer aux marchés de gré à gré et interbancaires, suspendus pour la circonstance, et doit imposer sa monnaie, la monnaie centrale, comme monnaie de règlement (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, contrairement à ce qu'elle a toujours prétendu).
Il faut savoir d'abord qu'à la sortie de la compensation les positions débitrices sont égales aux positions créditrices, en l'occurrence l'offre est égale à la demande, mais oui ! Les banques ne règleraient plus leurs positions les unes vis-à-vis des autres comme c'est le cas actuellement, mais vis-à-vis de l'autorité monétaire. L'Institut d'émission porterait les positions des unes et des autres à un compte spécifique indisponible ouvert au nom de chacune d'elles, et fixerait un taux d'intérêt au jour le jour, en attendant la suppression des taux et son remplacement par une commission d'intervention. Les positions journalières s'accumulant, ces comptes spécifiques varient quotidiennement dans l'équilibre comptable : débit = crédit. La super banque fixerait les découverts maxima autorisés jusqu'à la mise en place de la couverture du risque d'insolvabilité visé au-dessus.
Les banques doivent avoir pour interdiction absolue de "faire passer" par la compensation leurs opérations pour propre compte. Les banques ne doivent plus tirer sur elles-mêmes, mais utiliser un compte de dépôt à vue ouvert à la Banque centrale pour encaisser ou payer, soumis aux mêmes règles que tout un chacun, c'est-à-dire approvisionné ou sur la base de lignes de crédit dûment autorisées par elle. Avec toutefois une exception, pour des raisons pratiques : le règlement des charges de leur personnel et l'encaissement des intérêts et agios de leurs clients.
Le dispositif des réserves obligatoires est aboli. La monnaie scripturale centrale ne sert qu'aux échanges entre les titulaires d'un compte à la Banque Centrale.
3 – Relations monétaires internationales
Je suggère que les pays en présence s'entendent pour mettre en place un système de changes flexibles. Les cours des monnaies ne sont plus fixées par les marchés, mais par les parités de pouvoir d'achat (PPA), calculées chaque mois ou chaque trimestre par des Instituts de Statistiques Internationaux indépendants.
N'ayant plus matière à s'exercer, la spéculation sur les variations de cours disparaît. Pas de cours variables = pas de spéculation.
En Europe se pose la question de savoir si l'on doit remettre en service ou non les monnaies nationales. Une consultation référendaire serait le moyen démocratique le moins discutable pour mettre un terme net et rapide aux débats. Toutefois, l'euro pourrait rester en service dans les pays dont les parités de pouvoir d'achat sont contenues dans une fourchette d'écarts maximum de 5%, ceci afin d'éviter que des distorsions apparaissent dans les échanges entre pays de l'Union. Les pays exclus de l'Euroland seraient autorisés à y venir ou revenir dès que leur PPA s'inscrirait dans cette fourchette d'écarts.
4 – Autres dispositions
On peut supposer que les autorités sauront comment supprimer toutes les tentatives de spéculations financières et monétaires qui ont ravagé nos économies. D'une manière générale, je préconise l'interdiction absolue de la vente à découvert.
jean bayard
décembre 2008
modifié mars 2010
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