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Les 7 plaies de l’économie

 

 

 

Profitant depuis toujours d’une position dominante, qu’il s’est attaché à renforcer au cours des décennies, d’abord par la loi, puis par le bourrage de crâne sur l’inflation et par la diffusion d’informations tronquées, le pouvoir monétaire a bâti une véritable bastille, devenue quasi imprenable depuis qu’il a obtenu l’indépendance.

 

Enfin, en forme d’apothéose, sublime tour de force, il a réussi à faire signer le traité de Maastricht par la plupart des gouvernants d’Europe, disposant ainsi de tous les moyens de l’oppression par la monnaie : taux fixés arbitrairement pour l’inflation, pour le déficit budgétaire et pour l’endettement de l’Etat.

 

Les mots ne sont pas assez forts pour traduire le sentiment de révolte que tout être humain peut ressentir face à l’étendue des maux dont souffre notre société, maux dont les causes profondes résident dans les restrictions monétaires que nous imposent la toute-puissance monétaire et les groupes de pression qui lui sont associés pour leur seul profit.

 

Il est urgent de libérer les populations laborieuses de cette nouvelle forme d’esclavage économique.

 

Les 7 plaies de l’économie peuvent être énumérées comme suit :

 

1 – Le syndrome de l’inflation et la théorie quantitative de la monnaie

2 – La création et la circulation de la monnaie dans les banques

3 - L’épargne et les parkings monétaires en banque

4 – La théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement

5 – Les réserves obligatoires et le refinancement des banques à la Banque Centrale

6 - La mondialisation des échanges

7 – La compétitivité et les gains de productivité

 

Les cinq premières plaies d’origine monétaire sont indubitablement dues à des systèmes mis au point et protégés par la puissance monétaire, tandis que les deux autres relèvent plutôt de pressions exercées par les groupes capitalistes sur la gouvernance économique, c'est-à-dire sur les dirigeants de la planète.

 

Enfin, des théories d’un autre âge complètement dépassées ajoutent à la confusion qui règne dans tous les domaines de l’économie. Elles servent d’écran protecteur aux puissances qui nous exploitent.


 

1 – Le syndrome de l’inflation et la théorie quantitative de la monnaie

 

C’est certainement la plaie la plus large et la plus profonde, car elle freine l’activité de production et paralyse tout véritable essor.

 

Pour bien comprendre les mécanismes économiques qui sont à l'origine de l'inflation, il faut commencer par savoir de quoi l'on parle. Aussi, convient-il de bien distinguer l'inflation monétaire - trop grande quantité de monnaie - et la hausse des prix, c'est-à-dire la cause et ses effets supposés, car si l'inflation monétaire peut avoir pour conséquence la hausse des prix, on est en droit de supposer que celle-ci n'a pas exclusivement pour origine l'inflation monétaire. Le terme d'inflation passé dans le langage commun entretient tout naturellement la confusion.

 

Et, le pouvoir monétaire se garde de la dissiper, bien au contraire.

 

En fait, la masse monétaire n’a aucune influence sur les prix dès lors que l’offre et la demande sont équilibrées. Ce qui est le cas dans nos pays industrialisés où la structure et l'outil de production sont généralement bien adaptés à la demande courante. Les systèmes modernes de perception des marchés (études de marché, enquêtes de comportement, etc..) n'y sont pas étrangers.

 

C’est la rareté d’un produit qui fait son prix.

 

Dans nos sociétés modernes, la véritable cause de la hausse des prix ne se trouve pas dans une prétendue inflation de monnaie, mais plus simplement dans l’attitude des entrepreneurs n’hésitant pas à modifier, qui les tarifs, qui les pancartes, qui les étiquettes pour faire leur profit et améliorer leur pouvoir d’achat. C’est trop simple pour que l’on puisse s’arrêter à pareille hypothèse, aussi lui préfère-t-on la théorie quantitative de la monnaie qui fait beaucoup plus sérieux ! Et puis, il n’existe pas de théorie de l’inflation des prix due à des comportements de surcroît difficiles à maîtriser.

 

La Banque Centrale sait très bien qu’elle perdra son autorité le jour où l’on pourra démontrer que la hausse des prix est sans rapport avec l’émission de signes monétaires. Il ne faut pas oublier qu'elle a fait inscrire la lutte contre l’inflation dans le marbre de ses statuts. C’est bien la raison pour laquelle, elle s’accroche à la théorie quantitative de la monnaie comme un coquillage à son rocher.

 

Les autorités monétaires sont non seulement responsables du blocage économique de nos sociétés, mais aussi d’avoir inoculé dans le corps économique tout entier une maladie que l’on peut appeler le syndrome de l’inflation, ceci à seule fin de se protéger. Toutes les occasions sont bonnes pour alerter l'opinion sur les risques d'inflation, au point d'en avoir fait l'instrument du bourrage de crâne.

 

En limitant l’émission monétaire, on limite la croissance et par voie de conséquence on empêche toute amélioration du pouvoir d’achat des masses laborieuses, celles qui ont la plus forte propension à consommer, c’est-à-dire à doper la croissance et l’investissement pour la produire, et par effet d’enchaînement à engendrer la spirale expansionniste.

 

Le syndrome de l’inflation est la première des maladies qu’il est urgent d’éradiquer, en même temps que de se débarrasser de la théorie quantitative de la monnaie, si l’on veut en finir avec le chômage et la misère humaine.

 

Dans cette lutte perpétuelle contre l’inflation, qui n’est qu’une lutte contre un spectre, nos dirigeants sous l’influence des autorités monétaires ont signé à Maastricht un traité interdisant aux Banques Centrales Nationales (BCN) d’avancer sous quelque forme que ce soit de l’argent à l’Etat. De quelle inflation s’agit-il ? Les déficits n’ont jamais été aussi élevés pour un taux d’inflation qui n’a jamais été relativement aussi faible. Comment expliquer pareille aberration de la part de nos élites, bernées par le pouvoir monétaire ?

 

Les Américains, et les Anglais itou, se sont bien gardés de pousser aussi loin la stupidité et l’aveuglement.

 

Pendant ce temps-là, les banques ont pris le relais et créent en partie la monnaie qui fait défaut à l’Etat ; en partie, bien sûr, puisque certains agents non bancaires et l’étranger souscrivent à l’émission de bons ou d’obligations d’Etat. Mais, comme il n’existe pas de prêt consentis par les banques, à l’Etat en l’occurrence, qui ne soit le résultat d’une émission de signes monétaires, la planche à billet fonctionne, mais d’une autre manière qui passe inaperçue.

 

Et comme le pouvoir monétaire laisse croire que la monnaie circule, tout le monde pense que les fonds empruntés par l’Etat sont des fonds empruntés sur les marchés financiers, donc à l’abri de l’émission de monnaie ce qui est en partie faux.

 

Les moyens de tromper l’opinion sont incommensurables !

 

 

2 - La création et la circulation de la monnaie dans les banques

 

Tout le monde, y compris les spécialistes et la plupart des banquiers eux-mêmes (ce qui est un comble !), pense que la banque utilise notre argent à des fins propres et qu’elle prête l’épargne que nous lui confions. Bref, tout le monde croit que la monnaie circule.

 

Il s’agit là d’une erreur monumentale dissimulée par des circuits monétaires complexes auxquels il est très difficile d’accéder.

 

Et, le pouvoir monétaire n’a jamais rien fait pour la dissiper, bien au contraire puisqu’il a réussi le tour de force de la masquer par une disposition de loi qu’il a fait voter.

 

La loi française du 24 janvier 1984 précise, en effet, que les établissements de crédit sont des personnes qui effectuent à titre de profession habituelle des opérations de banque. Celles-ci comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que la mise à disposition de la clientèle ou la gestion de moyens de paiement. Sont considérés comme fonds reçus du public les fonds qu’une personne recueille d’un tiers, notamment sous forme de dépôts, avec le droit d’en disposer pour son propre compte, mais à charge pour elle de les restituer.

 

Dans cette définition, les autorités éludent totalement le principe central de la création monétaire par les banques et ne font aucune distinction entre les banques qui créent la monnaie et les établissements financiers qui n’ont d’autre pouvoir que celui de la faire circuler. L’opération de crédit peut en effet s’entendre et s’entend généralement comme la mise à disposition d’un prêt à partir de fonds reçus du public.

 

Ce texte de loi a été délibérément rédigé pour laisser croire que la monnaie en banque circule, ce qui est faux. Il entretient ainsi la plus grande confusion dans le domaine protégé de la puissance monétaire.

 

De plus, cette confusion a été renforcée volontairement par le regroupement des banques et des établissements financiers sous une seule appellation : IFM « Institutions financières et monétaires », dont la définition du secteur est donnée par la Banque de France comme suit :

 

… comprenant les établissements de crédit résidents, tels que définis par la législation communautaire et toutes les autres institutions financières résidentes dont l’activité consiste à recevoir des dépôts et/ou de proches substituts de dépôts de la part d’entités autres que des IFM et qui, pour leur propre compte, consentent des crédits et/ou effectuent des placements en valeur mobilières. Les OPCVM monétaires remplissent les conditions et sont dès lors inclus dans le secteur des IFM.

 

Il est clair que les autorités monétaires n’ont pas l’intention d’ouvrir les portes du système à l’opinion.

 

Mais, revenons à la banque. En créant des signes monétaires, elle s’affranchit de la dépendance d’un compte bancaire approvisionné pour fonctionner, ce qui n’est pas le cas de tout un chacun et y compris de l’établissement financier. Une banque en tant que telle ne récolte pas de dépôts, elle les crée par le crédit qu’elle consent.

 

La banque ne dispose pas de la monnaie ainsi créée. Elle appartient à ses clients, seuls autorisés à la faire circuler.

 

De plus, à l’instar de la Banque Centrale, elle dispose d’un privilège exorbitant : elle monétise ses pertes et démonétise ses profits, ce que jusqu’à présent personne n’a compris ou osé dire. Elle monétise ses pertes en créditant le compte de ses clients de ses dépenses et elle démonétise ses profits en le débitant de ses recettes.

 

Pourtant, si tout le monde sait que la banque crée la monnaie sans trop savoir d’ailleurs comment, personne ne sait exactement ce qu’elle devient une fois créée.

 

En simplifiant, on peut dire que le système fonctionne surtout par compensation, lorsque les clients émettent des chèques, des traites ou encore utilisent leurs cartes de crédit et autres supports. Mais en compensation, comme le terme l’indique, les fuites des unes sont égales aux excédents des autres, ce qui nourrit les prêts et emprunts entre banques, dans la monnaie qu’elles ont elles-mêmes créée, avec pour seule difficulté la combinaison des termes (échéances). C’est ici, quand ils se déplacent et par nécessité que les banques utilisent les fonds de leurs clients.

 

On dit aussi que les banques empruntent à court terme pour prêter à long terme.

 

Il s’agit là d’un bel exemple de raisonnement inversé dû à la confusion existant sur la circulation de la monnaie du fait de l’absence de séparation entre les banques et les établissements financiers.

 

Elles prêtent d’abord en créant la monnaie, quel que soit le terme, et empruntent ensuite pour parer aux fuites interbancaires. Elles n’ont besoin de monnaie qu’au moment où les fonds créés quittent la banque (fuite de monnaie), mais lesquels fonds en même temps alimentent d’autres banques (excédent), puisqu’elles vont d’une banque à l’autre ; c’est ainsi que les unes prêtent aux autres.

 

Il s’ensuit des déséquilibres plus ou moins structurels d’une banque à l’autre, avec pour conséquence des prêts et emprunts à des termes pouvant aller du jour le jour, à moyen et long terme. En outre, ces déséquilibres sont modifiés dans un sens ou dans l’autre par les choix d’épargne de la clientèle.

 

En fait, les banques prises ensemble créent la monnaie dans toutes leurs transactions avec les agents non bancaires, comme il en est de la Banque Centrale sur laquelle elles s’appuient principalement pour leurs opérations de propre compte.

 

S’il n’y avait que 2 banques sur la place, la Banque Centrale et une Banque de dépôts, les transactions entre agents non bancaires étant opérées alors au sein de la même banque, il n’y aurait pas de fuite de monnaie.

 

Plus le système bancaire est concentré, moins les fuites sont importantes. Les banques ne s’y sont pas trompées, qui vont de fusions-absorptions en fusions-absorptions.

 

Il faut savoir, à présent, que la Banque Centrale oblige les banques à faire passer toutes leurs transactions par un compte ouvert au nom de chacune d’elles dans ses livres. En procédant de la sorte, elle veut faire croire qu’elle contrôle effectivement leurs opérations, ce qui n’est pas le cas. Les jeux sont faits puisque les prêts et emprunts interbancaires sont effectués, soit directement entre banques, soit par le biais du marché interbancaire, à la sortie de la compensation. L’Institut d’Emission fait alors office de simple chambre d’enregistrement.

 

De plus, pour masquer son impuissance dans la maîtrise de l’émission monétaire par les banques, elle a décidé que la monnaie échangée sur les marchés interbancaires serait de la monnaie centrale, seule monnaie qui a cours selon elle dans le pays.

 

On pouvait lire, en effet, dans les notes d’informations de la Banque de France en 1978 et cela n’a certainement pas changé depuis :

 

…les règlements interbancaires s’effectuent en monnaie centrale, c’est-à-dire à l’aide d’un instrument de paiement dont la création est réservée à la Banque de France.

 

Elle fait ainsi l’impasse sur la réalité des compensations faites en monnaie secondaire, monnaie émise par les banques elles-mêmes.

 

Et, personne n’y voit que du feu, puisque ça marche !

 

Il est vrai que nombre de transactions de très gros montants, s’appliquant généralement à des opérations de banques pour propre compte, passent effectivement par l’Institut d’Emission. Ces opérations sont faites en monnaie centrale (émise par l’Institut) et sont alors dûment autorisées.

 

Mais il faut ajouter de surcroît, que la monnaie scripturale émise en abondance par la Banque Centrale revient nécessairement aux banques, parce qu’elles font partie du système. Elles peuvent ainsi financer leurs opérations pour propre compte, sans disposer d’aucun droit sur cette monnaie. Et, comme elles se livrent à des opérations spéculatives sur les marchés dérivés, elles nourrissent à elles seules les risques dits systémiques tant redoutés par les autorités monétaires, à juste titre d’ailleurs !

 

 

3 - L’épargne et les parkings monétaires en banque

 

Dans un établissement financier, l’épargne collectée sert à l’octroi de crédits. La fonction d’un tel organisme est de faire circuler la monnaie.

 

En banque, c’est tout le contraire, ce n’est pas l’épargne qui va aux crédits, ce sont les crédits qui vont à l’épargne. La fonction de la banque est de créer la monnaie ; ce sont ses clients qui la font circuler.

 

La monnaie une fois créée, ne reste pas dans sa forme initiale de dépôt à vue. Les clients des banques (entreprises et ménages) la font circuler entre eux, jusqu’à ce qu’ils (les ménages principalement) la transfèrent sur un compte d’épargne ou bien souscrivent à des bons de caisse ou autrement. Les comptes d’épargne comme les comptes de dépôts à vue ne peuvent être utilisés par le banquier, car cela lui est interdit. Seul le titulaire du compte est autorisé à en disposer.

 

Les dépôts d’épargne en banque comme les dépôts à vue n’ont pas de contrepartie en monnaie, puisqu’ils en ont déjà une : la créance qui est à l’origine de leur création. Ces dépôts d’épargne et à vue représentent la monnaie. Ils sont la monnaie !

 

L’épargne en banque est donc une épargne morte qui occupe les parkings monétaires bancaires. Elle ne circule pas tant que le titulaire choisit de la conserver en compte.

 

Il est difficile de croire que les autorités monétaires ignorent cette particularité et qu’elles se soient laissées prendre au piège de la confusion qu’elles ont elles-mêmes créée. Et pourtant, elles font comme si elles ignoraient que l’épargne bancaire est indisponible. Elles obligent, en effet, les banques à transférer auprès d’une banque chargée de les redistribuer (Caisse des Dépôts et Consignations, en France) des fonds spécialement « collectés », par exemple pour le financement d’investissements à caractères sociaux.

 

On se trouve alors dans une situation ubuesque : tenues de procéder à ces transferts, les banques sont dans l’obligation de créer la monnaie correspondante ! Au prix d’une série d’opérations très complexes, dans lesquelles intervient la Banque Centrale, mais opérations difficiles à démonter. C’est ainsi que tout le monde croit que l’épargne circule et que l’on évite ainsi de créer de nouveaux signes monétaires, source d’inflation !

 

C’est un véritable tour de force !

 

Mais comme elle ne circule pas, l’épargne a pour conséquence de freiner la marche de l’activité de production. Elle est même le plus puissant frein de l’économie, aussi faudrait-il cesser de l’encourager.

 

 

4 – La théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement

 

Rappelons que cette égalité s'écrit comme suit :

 

C + I  =  X

C + S  =  Y

X  =  Y

I  =  S

 

Sachant d'une part que X représente le produit national, Y le revenu national et C la consommation, et convenant d'autre part que le produit national et le revenu national sont identiques, il s'ensuit que l'investissement I est égal à l'épargne S.

 

Cette expression mathématique est à la fois trop simple et insuffisante pour en déduire que l’épargne finance l’investissement, car elle mêle deux grandeurs de nature différente : l’épargne (grandeur monétaire) et l’investissement (grandeur économique), ce qui a pour conséquence de masquer toute autre source de financement, notamment et surtout l’émission monétaire qui finance indéniablement une part de l’investissement.

 

Enfin, elle confond par compensation l’épargne prélevée sur le revenu et la désépargne, tandis qu’elle ignore totalement l’épargne forcée, c’est-à-dire la fraction du revenu qui sert au remboursement des dettes.

 

De plus, on vient de voir que l’épargne bancaire est une épargne morte, immobilisée si l’on préfère. Elle ne peut donc pas servir à quelque investissement que ce soit, ce qui frappe ainsi de nullité la théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement.

 

Pourtant en vertu de cette égalité, admise aux quatre coins du monde, on favorise l’épargne que l’on suppose être employée à l’investissement comme dans une sorte de cercle vertueux à l’abri de l’inflation monétaire. C’est pourquoi elle est encouragée.

 

On sait maintenant que dans le cycle monétaire des échanges de la sphère réelle, l’épargne joue le rôle de ralentisseur tandis que le crédit joue celui de l’accélérateur. La régulation monétaire est le seul moyen de maîtriser l’économie.

 

Encore une théorie archaïque et nocive pour l’économie, dont il est urgent de se défaire.

 

 

5 – Les réserves obligatoires et le refinancement des banques à la Banque Centrale

 

Le système des réserves obligatoires a été mis en place pour la première fois aux Etats-Unis dès le XIXe siècle. Il existe en France depuis 1967.

 

L’obligation faite aux banques de détenir en avoirs liquides (billets ou avoirs en compte à la banque centrale) un certain pourcentage des dépôts reçus répondait à l’origine au simple souci de préserver à la fois la propre liquidité des banques et la sécurité des déposants. Note d’information d’avril 1988 de la Banque de France.

 

On notera le terme de dépôts reçus (utilisé dans le texte initial) qui pouvait expliquer à l’époque le prélèvement par la Banque Centrale de monnaie dont disposaient les banques en billets ou en compte sur leurs clients. On peut supposer, mais ce n’est pas sûr du tout, que les autorités monétaires d’alors étaient de bonne foi, l’usage de la création monétaire par les banques n’étant peut-être pas encore très répandu et connu.

 

Mais ce que l’on pouvait ignorer autrefois, on ne peut plus l’ignorer aujourd’hui.

 

Pourtant, les autorités monétaires font toujours comme si les banques recevaient en dépôt l’argent de leurs clients. On a vu plus haut comment elles avaient réussi à engendrer et à maintenir la confusion.

 

Rien ne change. Voici en effet ce que dit aujourd’hui la Banque de France à propos de l’Eurosystème.

 

Le système de réserves obligatoires remplit deux fonctions principales :

- contribuer à la stabilisation des taux d'intérêt du marché monétaire, les réserves pouvant être constituées en moyenne ;

- élargir la demande de monnaie de banque centrale en créant ou accentuant un déficit structurel de liquidités sur le marché.

Les deux fonctions facilitent la régulation du marché monétaire par l’Eurosystème.

 

Si on lit attentivement le texte écrit sur la deuxième fonction, on s’aperçoit que le vocabulaire a changé, dans un style ampoulé, mais pas le fond. Accentuer un déficit structurel de liquidités sur le marché laisse toujours entendre que les banques disposent des dépôts de leurs clients, ce qui est faux, ainsi qu’on l’a vu. Et puis, on ne dit pas comment on peut transformer de la monnaie secondaire en monnaie centrale !

 

Déjà en 1988, la Banque de France écrivait : « l’effet premier de l’existence des réserves obligatoires est de ponctionner la liquidité bancaire ».

 

On peut se poser la question de savoir de quelle liquidité il s’agit ? Les banques n’ont pas de liquidité, puisqu’elles ne disposent pas des liquidités de leurs clients, contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire !

 

On se trouve ici au cœur de la confusion qui règne en matière de liquidité bancaire.

 

Les banques sont dépourvues de liquidités, excepté celles que l’Institut d’Emission les oblige à conserver en compte. Pour le reste, les actifs éligibles à la Banque Centrale (qui entrent dans le ratio de liquidité) ne sont pas des liquidités, contrairement à la version officielle. Les actifs éligibles sont des contreparties de liquidités, car dans l'hypothèse où ils seraient cédés à des agents non bancaires, ils donneraient lieu à destruction monétaire. Ils ne peuvent donc à la fois être monnaie et contrepartie !

 

On est en présence d’une véritable imposture de la part des puissances monétaires, qui dissimulent la réalité des transactions dans le but de protéger le capitalisme monétaire dans ses œuvres et pour son épanouissement au détriment des peuples qui n’en peuvent mais.

 

Et, ce n’est pas tout. C’est dans le vocabulaire qu’il faut aussi chercher les pièges destinés à nous tromper.

 

Il en est ainsi du terme de refinancement qui laisse croire de manière insidieuse que les banques re-financent leurs activités de création monétaire, alors qu’il s’agit tout simplement du financement de leurs obligations d’approvisionnement de monnaie fiduciaire (nécessité économique) et de réserves obligatoires (législation).

 

Si l’on examine attentivement leurs bilans, on s’aperçoit que les banques centrales émettent de la monnaie, indubitablement centrale, en quantité plus ou moins grande selon les pays, monnaie qui bénéficie exclusivement aux banques puisqu’elles font partie du système comme écrit plus haut.

 

La Fed par exemple, comble à peu près tous les besoins de « refinancement » des banques américaines prises ensemble ; elle reprend même des surplus de liquidités. En fait, elle crée tellement de monnaie que certaines banques « épargnent » chez elle. Ce phénomène est moins prononcé en France et encore moins en Euroland.

 

Alors, d’un côté on prétend réduire les liquidités des banques en obligeant les banques à constituer des réserves, et de l’autre on les alimente en liquidités à profusion. Il y a un truc !

 

Enfin, pour renforcer le dispositif de cette monumentale supercherie, on a inventé la théorie du multiplicateur de crédit, qui suppose grosso modo que les banques sont limitées dans leurs activités de création monétaire à proportion dégressive de la monnaie centrale qu’elles détiennent à l’Institut d’Emission.

 

 

6 - La mondialisation des échanges.

 

Les économistes et autres experts n’ignorent pas que le Produit National ou (PIB) comprend : la consommation, l’investissement et le solde des échanges extérieurs. Ils ne peuvent non plus ignorer que les échanges extérieurs ne représentent qu’une très faible fraction de l’ensemble : généralement environ 3%, et qui plus est en plus ou en moins selon le sens du solde.

 

La croissance d’un pays repose donc essentiellement sur son activité intérieure : consommation et investissement. Et, la règle est la même pour tous les pays.

 

Il est donc vain de croire que tout le monde peut exporter sans limite, ce qui n’empêche pas les gouvernements de tous les pays d’encourager leurs entreprises à exporter. Et celles-ci de se précipiter à l’assaut de parts de marché à l’étranger, non sans succès, il faut bien le dire. Mais il apparaît de plus en plus clairement que les multinationales font leurs profits sur le dos des populations nationales.

 

La course aux exportations est une course aux chimères, menée à un train d’enfer par les multinationales, aidés et encouragée par les dirigeants de tous les pays.

 

Sur les marchés, en raison d’une concurrence acharnée, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, pour vendre il faut être compétitif et pour être compétitif il faut réduire les coûts de production. Mais pour réduire les coûts de fabrication, il faut mécaniser à outrance, réduire les salaires (ou tout au moins les contenir) et produire inéluctablement des chômeurs.

 

Les plaies de ce mal sont pourtant tellement apparentes qu’il faut user d’arguments, pour le moins fallacieux, pour tromper l’opinion.

 

L’argument largement employé pour faire admettre les bienfaits du libre-échange et de la mondialisation qui en est l’apogée, consiste à dire que les premiers bénéficiaires des baisses de prix sont les consommateurs. Mais ce que l’on oublie de nous dire, c’est que les prix faisant les revenus puisque le produit national est égal au revenu national, les baisses de prix conséquence de la concurrence entraînent mécaniquement des baisses de revenus.

 

C’est une imposture, car ils ne baissent pas pour tout le monde !

 

C’est qu’en effet, les hommes politiques, les chefs d’entreprise et d’une manière générale tous ceux qui ont le pouvoir de fixer les prix et ceux qui les servent ne sont évidemment pas concernés par la baisse des revenus puisqu’ils sont les premiers à se servir (ainsi, nos députés, par exemple). Ceux-là et ceux-là seulement gagnent sur les deux tableaux ! Leur pouvoir d’achat s’améliore à la fois par la hausse de leur revenu et par la baisse de leurs dépenses.

 

On importe dans les pays riches la misère des pauvres au seul profit des puissants de ce monde. C’est ainsi que l’on fabrique de nouveaux pauvres !

 

Les résultats sont là pour le prouver : les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, sans parler des classes moyennes qui voient leur pouvoir d’achat s’étioler au fil des ans.

 

Mais, jusqu’où peut donc aller notre aveuglement ?

 

Le seul et unique moyen pour chaque pays d’obtenir la croissance de son Produit National ou PIB, réside dans l’injection massive de monnaie nationale dans les circuits de la sphère réelle. Puis, afin de préserver l’équilibre de ses échanges extérieurs nécessairement mis en péril par cette mesure, des accords d’échanges bi ou multilatéraux doivent être négociés entre pays, sous l’égide d’un organisme tel que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), tout indiqué pour exercer cette fonction de médiation.

 

Cela ne veut pas dire qu’il faille fermer les frontières. Il ne suffit que de mettre de l’ordre là où règne l’anarchie du libre-échange.

 

Il est vital, il est même crucial que l’opinion se dresse contre ce fléau dont la plaie s’étend à la planète entière. Il est urgent de mettre un terme à la folie des hommes qui nous dirigent.

 

 

7 – La compétitivité et les gains de productivité

 

La compétitivité est mesurée par les prix et aussi par les coûts salariaux.

 

Brièvement, c’est la raison pour laquelle les hausses de rémunération des salariés doivent être contenues dans la limite des gains de productivité, ce qui est déjà inacceptable.

 

Il n’est pas de document sérieux sur l’économie qui ne parle de compétitivité. Et de voir fleurir les graphiques d’indices comparant les performances des pays industrialisés. Dans ces tableaux comparatifs, la France fait actuellement piètre figure. Le sujet est traité chaque mois dans le bulletin de la Banque de France, ce qui montre l’intérêt qu’on lui porte.

 

Pourquoi un tel intérêt ? Encore et toujours l’inflation, car la concurrence fait baisser les prix !

 

On peut avancer sans crainte d’erreur que les politiques de libre-échange ne peuvent se concevoir sans que la concurrence puisse s’exercer librement. Pour prendre la mesure du phénomène, il n’est que de voir l’acharnement thérapeutique de Bruxelles dans sa lutte pour que la concurrence s’exerce sans entrave aucune !

 

Dans un milieu ouvert sans limite à la concurrence, les entreprises doivent être compétitives sous peine de disparaître. Mais, elles ne peuvent être compétitives qu’à la condition de réduire toujours plus la part de la main d’œuvre dans la fabrication, c'est-à-dire mécaniser et diminuer les coûts salariaux.

 

C’est ainsi que la compétitivité, fille naturelle de la concurrence excitée au plus haut point par le libre-échange, est devenue une espèce de machine infernale à produire soit du chômage, soit des salaires de misère, soit encore les deux à la fois, pouvant conduire à des pertes massives de pouvoir d’achat au niveau national en période de stagnation ou de récession.

 

La mécanisation des travaux manuels, que ce soit dans les ateliers ou dans les bureaux devient une priorité. Les causes de la mécanisation ont changé radicalement : alors qu'autrefois, au temps des 30 glorieuses, on mécanisait pour fournir une demande qui paraissait insatiable, on mécanise aujourd'hui pour survivre devant une demande qui semble s'échapper. La recherche de la compétitivité encouragée par les pouvoirs publics, devient le slogan à la mode. On laisse gaillardement le tissu national se déchirer en prétextant qu'il faut le restructurer. Et toutes ces mesures prises, on s'étonne encore de voir fondre les effectifs des entreprises et les chômeurs proliférer.

 

En cherchant à réduire les coûts, par le fait même, l'emploi ne peut plus être protégé et les contrats à durée déterminée, qui ne sont que le reflet de la précarité des affaires sur l'emploi, pullulent. Sur le marché du travail, la demande devient plus forte que l'offre et les salaires ont tendance à baisser. C'est la loi du marché. Quand elles embauchent, les entreprises proposent des salaires de plus en plus bas. Les augmentations se font plus rares ainsi que les promotions dans la hiérarchie des salaires. Tous les moyens sont bons pour réduire les coûts et par contagion celles qui pourraient s'en passer n'y résistent pas.

 

La mondialisation des échanges devrait nous faire comprendre toute l’étendue du désastre qui nous envahit, malgré quelques moments de répit dus à une « conjoncture » plutôt favorable.

 

Car, on n'a pas encore vraiment compris que l'on ne peut pas mener la même politique économique, selon que l'on traverse une période de plein ou de sous-emploi, de forte ou de faible activité, et qu'en toutes circonstances il faut donner la priorité au travail de l'homme sur celui de la machine.

 

On se nourrit alors d’illusions en supposant que les pays industrialisés compensent par de fortes ressources dans des technologies de pointes comparées à des pays en voie de développement qui en manqueraient. On devrait s’apercevoir que ces pays en voie de développement, comme le terme l’indique, ne nous attendent pas pour exceller dans des domaines pointus, tel l’informatique en Inde ; demain la Chine explosera dans tous les domaines des productions de plus en plus élaborées et de haute technologie.

 

On attend peut-être pour voir !

 

Cette plaie ne fait qu’ajouter à la précédente, car située dans son prolongement elle est supposée être la condition de notre existence économique. En éradiquant le mal qu’engendre la première, on supprime les causes de la seconde.

 

Elles sont soumises toutes les deux à l’influence des forces de pression du capitalisme économique qui n’a que faire des dégâts qu’il occasionne chez les populations laborieuses.

 

 


 

Des projets grandioses dans les domaines de la recherche scientifique, de la santé, de l'environnement, de l'espace, de la culture, ou tout simplement de la vie quotidienne, ne voient pas le jour, non pas parce que l'on manque de moyens en hommes et en matières, mais parce que l'on manque de monnaie ! C'est le comble du capitalisme face au chômage et à la misère !

 

Seule une prise de conscience collective peut nous affranchir du joug que nous imposent les autorités monétaires. Le moment est venu de libérer la monnaie de ses dogmes, de ses tabous et de ses carcans. Le moment est venu de rendre le pouvoir monétaire au peuple, c'est-à-dire à ses élus. La monnaie peut et doit être le moyen démocratique d'accès au bien-être pour tous. Le salut économique passe par la régulation monétaire, que seul l'Etat est apte à assumer. Il n'y a pas d'autre alternative si l'on veut trouver ou retrouver le chemin de la paix, de la prospérité, de l'abondance et du travail pour tous.

 

D’urgence, il faut reprendre la bastille et faire "sauter la banque" (centrale).

 

 

 

jean bayard

juin 2007

 

 
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